Se différencier pour croître

Croître. Tel est le but de toute entreprise qui souhaite « scaler », c’est-à-dire véritablement gravir une marche (et non devenir une étoile perdue dans l’infini, ou une licorne égarée dans le fantasmagorique qui la définit et n’existe que dans les contes de fées). Non. Juste une marche. Gravir une marche, c’est concret, c’est réalisable et c’est ambitieux aussi. Même pour un être humain, avoir le sentiment de gravir une marche, c’est grand… mais c’est réalisable. Alors quel est le secret des entreprises qui scalent ?

Difficile de conjuguer un verbe anglais avec les règles françaises ! Comment se distingue donc une entreprise qui scale (prononcez [skeil]) ? Le premier point, c’est de se distinguer. J’ai récemment entendu « faire autorité » ou encore « avoir de l’audace ». Oui, c’est bien de cela qu’il s’agit. Se distinguer grâce à un ou à plusieurs facteurs différenciants. Mais le facteur différenciant ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval ! Cette fameuse démarcation, distinction, singularité… est en réalité un résultat plus qu’un moyen.

La quête

Le résultat de quoi ? Le résultat d’une quête. Une quête au sens de recherche. Lorsqu’on cherche à comprendre. Lorsqu’on cherche à progresser, à aller plus loin on est en plein dans cette quête. Une quête de sens diront certains. Mais – c’est un comble – même le mot « sens » a perdu son « sens » aujourd’hui à force d’être répété. Alors je parlerais plutôt de la recherche d’une direction.

On accepte le fait d’être désorienté un moment.

On constate cette désorientation.

On l’étudie : on est désorienté certes, mais on sait qu’on a développé telles ressources, on connaît nos qualités, nos capacités, nos « assets ».

Et voilà quel est notre socle pour bien démarrer la recherche.

Le diagnostic

Ainsi on prépare le terrain de cette quête en apprenant à se connaître soi-même. On fait un diagnostic. C’est simple à comprendre un diagnostic, comme chez le médecin. On accepte ce qu’on est à un instant « t » avec ses points forts et ses points faibles, ou ses efforts pour rester positif. Le diagnostic permet de se regarder vraiment en face, ou plutôt de se regarder de l’intérieur et de l’extérieur. Comment je suis fait, comment je fonctionne et comment on me voit, moi entreprise de tel âge avec mon histoire propre. Si on fait cela honnêtement, alors on sait d’emblée où l’on doit aller. Le sens devient évident. La direction s’impose.

Et je parle toujours d’entreprise ! Je ne suis pas en train de développer un programme de développement personnel. Bien que dans développement personnel, il y a… « développement » et donc croissance. On y revient : pour se développer, on recherche. Et ne serait-ce pas là l’origine de la notion de « recherche et développement », R&D pour les intimes ? L’occasion de redonner un peu de « sens » à cet acronyme qui se perd aujourd’hui.

Les pain points

Je récapitule : on commence par le diagnostic. On se connaît, on s’accepte. On a donc détecté ses « pain points » majeurs (puisqu’on fait du design de par chez nous). Quand on connaît les « pain points », on sait ce sur quoi on doit travailler : les challenges nous font face.

Mais on ne va pas partir tête baissée à l’assaut de toutes ces montagnes à gravir (car oui, il est possible de passer de la marche à la montagne). Il faut prioriser et y aller par étape. Et généralement, on commence par ce qui est urgent. Et la véritable urgence, qu’est-ce que c’est ? C’est ce qui fait le plus mal (« pain point » on a dit). Mal à entendre, mal à voir, mal à vivre. Mais aussi mal à l’ego. L’image d’une entreprise, c’est important.

Une fois le tri et les priorités établis, on s’y tient ! On ne bouge plus de ce cap. Et on part à la recherche. On cherche à savoir comment dépasser ses maux. Comment les soigner. Que fait-on alors ? On met en place un plan d’action correctif. Pour soigner des maux, il y a des ordonnances toutes prêtes. Mais on peut toujours y mettre un peu de nouveau en passant par des médecines douces et des soft skills qui ont généralement trait à l’humain. On prend un médicament « process » mais si on y ajoute un complément alimentaire de type « change management », c’est encore plus efficace.

Le dépassement de soi

Et puis surtout, on cherche à aller au-delà. À surpasser ce qui nous fait mal. Car on ne veut pas stagner et juste guérir nos maux. On veut faire de nous une entité neuve, une entité « transformée ». Pour passer par une réelle transformation (mais pourquoi diable serait-elle uniquement digitale ?), on veut créer de nouvelles capacités, de nouvelles ressources insoupçonnées et donc de nouveaux marchés, de nouveaux clients, etc. En somme, on veut se transcender quoi ! On a de l’ambition et on veut aller loin puisqu’on veut « scaler ».

Le chemin de ce surpassement est unique et ne peut jamais être issu de recettes. Pour faire du nouveau, il faut créer. On entre dans la phase créative. Le monde des idées. L’idéation. Et cette phase est plutôt euphorique, je tiens à vous le dire. Créativité et ennui ne se rencontrent jamais. L’élan créatif est toujours issu d’une certaine euphorie, d’une inspiration. Cette merveille humaine naît sur le terreau de la bienveillance, du partage, de l’ouverture au monde (à soi, aux autres), du dialogue, de la mise en scène, de l’amusement, du plaisir.

Quand les conditions de jeu sont réunies, tels des enfants, on crée facilement, sans même s’en rendre compte (c’est un métier de créer ces conditions, ça ne s’improvise pas, mais j’écrirai un jour un article sur les ateliers de créativité). On joue à créer le futur. Il est avant tout question d’ambition. De volonté donc. Et d’audace oui. Pour se lancer dans une démarche de recherche dont ne connaît pas l’objet, il faut être sacrément courageux ! (Quelques ingrédients en passant, qui pourraient s’appeler des facteurs clés de succès). Et par courage j’entends, ne pas avoir peur. Peur de quoi ? Eh bien, c’est simple : peur d’échouer. Échouer une fois je veux dire. Deux peut-être, trois allez, mais pour connaître le grand succès à la quatrième.

L’itération

Cela s’appelle itérer.

Car nos grandes idées ambitieuses, pour les concrétiser, on va en tester des petits morceaux d’abord. Comme ça, l’échec de l’itération n’est pas trop douloureux. Et puis, quand le succès est là, on poursuit avec un peu plus de morceaux à tester et des plus gros morceaux. On n’y arrive pas du premier coup. On poursuit. On itère. On est persévérant (encore un FCS !). On teste. On apprend. On corrige. On refait.

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends », disait Nelson Mandela.

Et la direction se dessine d’elle-même. Puisqu’à chaque test, on recueille du feedback, on apprend et on en découvre un peu plus sur ce qui va marcher. La recherche devient de plus en plus du développement. On est beaucoup moins désorienté à ce stade de la démarche. On sait très bien où l’on va. Et si tout le monde participe dans l’entreprise, tout le monde le sait aussi. Alors on a retrouvé le sens du mot « sens ». Et déjà, on a gravi une grande marche ! Une montagne presque.

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