Introduction à l’interopérabilité des systèmes

L’interopérabilité des systèmes devient de plus en plus pertinente dans le contexte actuel d’hyperconnexion. Pourquoi ? Parce que cette capacité permet à deux ou à plusieurs systèmes (voitures autonomes, systèmes financiers, etc.) d’échanger entre eux des informations pertinentes, de les comprendre et de les utiliser intelligemment. Cet article a vocation à vous présenter l’interopérabilité et ses avantages, et, dans une deuxième partie, à vous proposer quelques pistes d’amélioration.

L’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication a considérablement accru la nécessité de disposer d’une plus grande interopérabilité des systèmes. En effet, la Commission européenne n’hésite pas à faire de l’interopérabilité un des facteurs clés de réussite de la transformation numérique. Et les cas d’usage dans de nombreux secteurs industriels et de la recherche ne manquent pas : maisons intelligentes, voitures autonomes, systèmes de santé, de fabrication (stimulé par l’Industrie 4.0) et financiers interconnectés, etc.

Une brève introduction à l’interopérabilité

Dans des nombreuses entreprises, les systèmes d’information et de communication (SIC) jouent un rôle crucial. De nombreuses entreprises et entités administratives possèdent pléthore de SIC pour des besoins très variés tels que la gestion de la relation client, la gestion comptable, la gestion des ressources humaines, l’évaluation des risques, etc.

De façon plus globale, l’interopérabilité représente la capacité des organisations à interagir pour atteindre des objectifs mutuellement bénéfiques. Des interactions qui impliquent, à travers leurs processus métier, le partage d’informations et de connaissances entre ces organisations au moyen d’échanges de données entre leurs systèmes d’information et de communication. En d’autres termes, plus le degré d’interopérabilité des systèmes est élevé, plus les informations peuvent être échangées et utilisées de manière fluide et transparente par un ensemble de systèmes interconnectés.

Néanmoins, il est important de noter que l’interopérabilité n’implique pas que les systèmes soient interdépendants. Ils doivent tout d’abord être indépendants et autonomes, c’est-à-dire qu’ils doivent atteindre leurs principaux objectifs sans dépendre ni interférer avec d’autres systèmes.

Dans ce contexte, un projet d’interopérabilité conçu pour des SIC doit permettre d’assurer l’échange, et l’utilisation des informations et des ressources entre les différentes parties prenantes.

Dans la suite de cet article, vous pourrez alors avoir un aperçu de l’ingénierie système pour comprendre comment intervient l’interopérabilité, et découvrir quels sont les différents piliers de l’interopérabilité. Enfin, nous aborderons l’interopérabilité dans le contexte des systèmes financiers, intégrant ses défis potentiels, puis vous pourrez bénéficier de quelques pistes d’amélioration de l’interopérabilité des systèmes.

L’ingénierie système

L’ingénierie des systèmes est un domaine interdisciplinaire qui explique comment concevoir et gérer des systèmes complexes tout au long de leur cycle de vie. On entend par « système » un ensemble de composants interconnectés ayant une fonction spécifique. De même, le terme « système de systèmes » est également couramment utilisé dans la littérature pour décrire un ensemble de systèmes autonomes en relation les uns avec les autres et qui interagissent pour atteindre un objectif commun.

Image 1. Représentation des systèmes et d’un système de systèmes

Cependant, il est important d’établir le niveau de granularité avant toute conception ou discussion afin d’éviter les ambiguïtés. Par exemple : une radio peut être vue comme un système composé de différents composants électroniques. Mais une radio peut aussi être considérée comme un composant d’un système beaucoup plus vaste, comme une voiture. Par conséquent, la voiture peut être considérée comme un système de systèmes qui combinent le système de carburant, le système d’échappement, le système de refroidissement, le système électrique, etc. Pour aller plus loin, la voiture peut elle-même être vue comme un seul système parmi d’autres dans le système routier.

Image 2. Exemples de « systèmes de systèmes »

L’interopérabilité des systèmes

Les systèmes d’information et de communication peuvent être classés en fonction de leurs propriétés : leur stabilité, leur ouverture, leur adaptabilité, etc. De cette manière, ils peuvent alors être classés en tant que systèmes compatibles, alignés, interopérables et intégrés.

Les systèmes intégrés

L’intégration est considérée comme allant au-delà de la simple interopérabilité pour impliquer un certain degré de dépendance fonctionnelle. Alors que les systèmes interopérables peuvent fonctionner indépendamment, un système intégré perd quant à lui des fonctionnalités importantes si le flux de services est interrompu.

Les systèmes compatibles

Une famille intégrée de systèmes doit nécessairement être interopérable, mais les systèmes interopérables, eux, ne doivent pas nécessairement être intégrés. Qui dit compatibilité ne signifie pas nécessairement interopérabilité. Cela signifie que les systèmes n’interfèrent pas les uns avec les autres et ne peuvent pas échanger de services. Ainsi, si les systèmes interopérables sont nécessairement compatibles, l’inverse n’est pas nécessairement vrai. Pour réaliser la puissance du réseautage grâce à un échange d’informations robuste, il faut donc aller au-delà de la compatibilité.

Les systèmes alignés

Les systèmes sont alignés lorsqu’ils interagissent harmonieusement entre eux ainsi qu’avec leur environnement, conduisant alors à des performances commerciales supérieures. L’alignement va au-delà de la compatibilité mais est inférieur à l’interopérabilité. Les systèmes alignés sont en effet capables d’interagir avec les autres mais de manière moins adaptative que les systèmes interopérables.

Les systèmes interopérables

Finalement, l’interopérabilité est la capacité de deux systèmes ou plus à échanger ou à partager des informations, et à utiliser la fonctionnalité de l’autre dans un environnement distribué et hétérogène. Une telle capacité constitue une exigence cruciale qui doit être vérifiée lorsque deux ou plusieurs systèmes (internes ou externes à l’organisation) entament une nouvelle collaboration. Dès que cette exigence n’est pas atteinte, l’interopérabilité devient un problème qui doit être résolu.

Sur l’image 3 ci-dessous, vous pouvez alors voir une manière possible de localiser toute classification de système sur un continuum. Tout système classé possède les mêmes propriétés que les classifications précédentes. Par exemple, si un système est considéré aligné avec son environnement (constitué d’un ou de plusieurs systèmes partenaires), cela implique que le système est aussi compatible.

Image 3. Continuum d’interopérabilité et d’intégration.

L’image 4 ci-dessous présente quant à elle une vision simplifiée de l’interopérabilité entre systèmes.

Image 4. L’interopérabilité de systèmes

On peut observer trois principales actions liées à l’interopérabilité :

  • La requête d’une information
  • La réponse à la requête demandée
  • Et la compréhension et l’utilisation de la réponse reçue.

Ces actions sont possibles grâces à des composants systèmes, tels que leurs interfaces (API, protocoles, etc.), leurs moteurs de transformation de données et de calculs, etc.

Ensuite, notons qu’il existe deux contextes d’interopération : inter-entreprises et intra-entreprises.

Les interopérations inter-entreprises représentent les interopérations entre deux ou plusieurs entreprises autonomes et indépendantes. Par exemple, il s’agit d’interopérations entre entreprises qui collaborent afin d’attendre un objectif en commun comme celui de fournir un service ou un produit innovant.

L’interopération intra-entreprise est le type le plus commun. Ces interopérations concernent les échanges d’informations et de ressources au quotidien effectués entre les systèmes d’une seule entreprise, et ce parfois en temps réel. Par exemple : les interopérations entre les systèmes de ressources humaines et comptables pour la paie, ou les interopérations entre les systèmes de crédit, de garanties et de gestion client pour gérer et calculer les risques lors d’un emprunt immobilier.

Dans cette première partie, nous avons pu aborder la question de l’interopérabilité des systèmes sous différents angles selon la classification des systèmes. Dans la seconde partie de notre dossier consacré au sujet, nous verrons alors quels sont les piliers de l’interopérabilité et comment il est possible de l’améliorer.

A lire aussi :

L’article wikipédia sur l’interopérabilité des systèmes.

 

Vous pouvez retrouver Gabriel, auteur de cet article au prochain ICSISS ( International Workshop on Information and Communication System Interoperability).
Découvrez plus d’informations sur cet événement ainsi que le call for paper de Gabriel. 

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