CFA, CNAM, AMF : quelle certification pour se spécialiser en finance ?

Meritis intervient aux côtés des acteurs de la banque de financement et d’investissement (BFI) et de la gestion d’actifs (AM). A ce titre, ces consultants peuvent être amenés à se réorienter ou à approfondir leurs connaissances dans le domaine de la finance de marché. La problématique de la certification aux métiers de la finance est donc un enjeu fort en interne comme en externe. Les connaissances acquises sont, en effet, source de valeur ajoutée pour les clients et une garantie d’évolution pour les consultants. Partant de mon expérience personnelle, le choix de la formation, la manière de la conduire et les objectifs qui sont recherchés sont autant d’éléments de réflexion à mener par le consultant. Dans cet article, je me propose de parcourir les critères de choix d'une formation appropriée, les écueils à éviter et les objectifs à poursuivre. L’article s’adresse aux consultants débutants à confirmés et sera centré sur la formation certifiante de l’AMF.

recapitulatif de l'article en image

Choix de la certification

Pour effectuer un choix approprié de certification en finance, il est important d’en définir les critères. Je prendrai comme éléments de décision le coût de la formation, sa durée, sa nature certifiante ou pas et la valeur ajoutée apportée au niveau du cursus d’un consultant voulant exercer les métiers de la B.F.I (banque de financement et d’investissement), ou de l’AM (Asset Management). Plusieurs choix s’offrent à vous.

D’abord, la formation de spécialisation en finance de marché du CNAM . La formation dure une année et est composée d’une unité d’enseignement et donne lieu à un « Certificat de spécialisation Finance de marché » délivré après un examen final annuel. La notoriété de cette certification reste limitée et les fondamentaux de la discipline doivent être préalablement maîtrisés.

L’ICCF est une deuxième option. Le cours et les études de cas demandent 96 heures de travail personnel, réparties sur 6 mois. La notoriété de la certification est bien établie.

Ensuite, une troisième option est le CFA (Chartered Financial Analyst). Le CFA est la certification financière la plus reconnue et elle est fortement valorisée dans le monde. Le cursus pour atteindre les trois niveaux dure environ deux ans et demi.

Ces trois cursus (CNAM, ICCF, CFA) ont un coût élevé (supérieur à 2’000 €) et nécessitent un investissement d’une durée d’au moins six mois. Si l’objectif du consultant est la validation des acquis avec une certification reconnue, le CFA ou l’ICCF peuvent avoir un intérêt. Leur coût et l’investissement en temps seront cependant un frein si le candidat est en poste et dispose de peu de temps afin de valider ses acquis en vue d’une nouvelle mission.

Partant d’une approche « quick win », j’ai choisi une option alternative : m’orienter vers la certification de l’autorité des marchés financiers (AMF) des connaissances professionnelles minimales des acteurs des marchés financiers. Je détaille dans le prochain paragraphe les avantages et limites de ce choix.

La certification AMF

J’ai adopté la formule « auto-formation » en me basant sur un livre de référence (Reussir l’Examen Certifie AMF) avec accès à une base de questions et inscription à l’examen http://certification-finance.cnam.fr/formules/formule-flash/. Le coût total étant de moins de 200€.

a. Avantages

Le premier argument qui plaide en faveur de cette formation est son coût soit 200€. De plus l’investissement en termes de temps, soit environ trois mois de préparation, reste raisonnable. Un autre point positif est que l’examen relatif aux connaissances professionnelles minimales des acteurs des marchés financiers certifié par l’autorité des marchés financiers (AMF) est éligible depuis peu au Compte Personnel de Formation (CPF).

Un deuxième avantage de la certification AMF est la possibilité de s’auto-former moyennant des bases de connaissance payantes ou des livres tels que (Reussir l’Examen Certifie AMF). Un minimum de discipline est cependant requis afin de maintenir des délais raisonnables de préparation, soit moins de trois mois. Compter cinq à dix heures par semaine pendant la durée de votre préparation selon le degré de séniorité sur les aspects fonctionnels en finance.

Ensuite, la certification AMF (ou équivalent en certification interne fournie par un groupe bancaire) est une certification exigible pour ceux travaillant au sein d’un prestataire de services d’investissement notamment les gérants, négociateurs, compensateurs et responsables de conformité. Une personne ayant réussi un examen certifié AMF qui change d’employeur, travaille pour le compte d’un nouveau prestataire de services d’investissement ou change de fonction, ne doit pas faire l’objet d’une nouvelle vérification. L’examen est acquis une fois pour toutes. En revanche, une personne ayant réussi un examen interne ne conserve le bénéfice de cette réussite que tant qu’elle travaille pour le même prestataire.

Divers organismes proposent des formules de préparation en ligne peu onéreuses, je vous en liste quelques-uns ci-dessous :

 

b. Limites

La certification AMF a une notoriété en France mais n’a pas de visibilité à l’international. Si l’objectif est de s’ouvrir à un parcours international, le CFA ou l’ICCF seront plus indiqués. De plus, la certification AMF reste moins prestigieuse que d’autres certifications (par exemple le CFA).

Thèmes abordés et éléments sur l’examen

Les thèmes abordés couvrent l’ensemble des problématiques fonctionnelles sur lesquelles un consultant peut être amené à intervenir dans le cadre d’une mission chez un client BFI (banque de financement et d’investissement) ou AM (gestion d’actifs). L’accent est mis sur le volet institutionnel et réglementaire. En second lieu, la certification teste la connaissance des instruments financiers « plain vanilla ». Les autres thèmes abordés sont moins détaillés.

Ci-dessous la liste des thèmes et compétences testées lors de l’examen :

  1. Le cadre institutionnel et réglementaire français, européen et international : La répartition des compétences entre les différentes autorités de tutelle, le cadre réglementaire européen, la politique économique et monétaire, les principaux indicateurs économiques (PIB, inflation, taux d’intérêt, etc.), le rôle des marchés financiers dans l’économie, la protection des clients, etc.
  2. La déontologie, la conformité et l’organisation déontologique des établissements : Les principales règles de bonne conduite, la gestion des conflits d’intérêts, le devoir d’alerte éthique, le traitement des réclamations des clients, etc.
  3. La réglementation pour la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : Le cadre juridique, le processus de blanchiment, le rôle de TRACFIN, etc.
  4. La réglementation Abus de marché : La notion d’information privilégiée et les obligations d’abstention des détenteurs de telles informations, le délit d’initié, les manipulations de cours et la diffusion de fausses informations, les sanctions y afférentes, etc.
  5. Le démarchage bancaire et financier, la vente à distance et le conseil du client : Les règles et les responsabilités en matière de démarchage, vente à distance, conseil du client, publicité et communication promotionnelle.
  6. La relation avec les clients et l’information des clients : La connaissance, l’évaluation et la classification du client, l’information à lui donner sur les instruments financiers et les services d’investissement, l’obligation d’agir au mieux des intérêts du client, etc.
  7. Les instruments financiers et les risques : Les différents instruments financiers, leurs risques et leur rendement.
  8. La gestion collective / La gestion pour compte de tiers : Les acteurs du métier de la gestion pour compte de tiers, les instruments de la gestion collective, la typologie des OPC et de la gestion, les frais, etc.
  9. Le fonctionnement et l’organisation des marchés : La typologie des ordres sur les marchés et le traitement des ordres, les participants (teneurs de marché, apporteurs de liquidité, animateurs de marché, etc.), les obligations de transparence, etc.
  10. Le post-marché et le back office : Les acteurs nationaux et internationaux, l’organisation des activités de post-marché, etc.
  11. Les émissions et les opérations sur titres : Les caractéristiques du marché primaire, les offres au public, les introductions en bourse, etc.
  12. Les bases comptables et financières : Les éléments sur les bilans d’entreprise et les comptes de résultats, les obligations d’information financière des sociétés

L’examen certifié AMF comporte 100 questions réparties en deux catégories :

  1. Questions A : portent sur la connaissance de l’environnement réglementaire et déontologique. Un score minimum de 85% de bonnes réponses est requis.
  2. Questions C : portent sur les connaissances techniques. Un score minimum de 75% de bonnes réponses est requis.

La vraie difficulté réside dans les sujets de niveau A. Le score exigé est de 85% ce qui laisse peu de marge de manœuvre. Les questions sont réparties entre les thèmes décrits ci-dessus selon la distribution précisée dans le tableau suivant :

   Le réglementaire

   Le technique

   Le cadre institutionnel 13 C

   Les instruments financiers 16 C

   La déontologie 4 A + 2 C

   La gestion collective 8 C

   La lutte contre le blanchiment 3 A

   Le fonctionnement des marchés 5 C + 2 A

   Les abus de marché 2 A

   Le post-marché 3 C

   Le démarchage bancaire et financier 3 A

   Les opérations sur titres 2 C

   La relation avec les clients 15 A + 4 C

   Les bases comptables 6 C

L’examen dure au maximum deux heures. Il se présente sous le format d’un questionnaire à choix multiple. A chaque question ne correspond qu’une seule réponse exacte.

Conclusion

En guise de synthèse, je conseille la certification AMF des « connaissances professionnelles minimales des acteurs des marchés financiers » aux consultants (IT ou BA) travaillant en BFI/AM souhaitant rapidement consolider leurs acquis. En outre, elle permet de densifier son CV et ses compétences et d’apporter une valeur ajoutée supplémentaire dans un environnement fonctionnel financier. Comparée à d’autres parcours plus pointus, l’investissement en temps et en argent reste raisonnable (moins de 3 mois et pas plus d’une centaine d’euros). Le panel des thèmes abordés est large et va du réglementaire aux connaissances des produits financiers. Il y a donc un retour sur investissement rapide et qui en fait une des certifications les plus intéressantes. Cela étant, si les postes visés par le consultant requièrent une qualification pointue en produits financiers et analyses d’information (eg : financial analyst), il sera préférable de s’orienter vers d’autres formations plus spécialisées telles que le CFA. Pour des parcours à l’international, l’ICCF peut-être une alternative moins contraignante que le CFA.

Références et ressources

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